Unité d’accueil pédiatique enfants en danger au CHU de Besançon : déjà 70 enfants accueillis...

Publié le 02/11/2023 - 15:57
Mis à jour le 02/11/2023 - 17:20

L’Unité d’accueil pédiatique enfants en danger (UAPED) du Doubs, ouverte depuis mi-avril 2023, a été inaugurée vendredi 20 octobre au CHU de Besançon en présence de nombreux représentants de l’hôpital, mais aussi de la justice, de l’Etat, du Département du Doubs et de l’association France Victime. Objectif de ce nouveau service : prendre en charge plus vite et plus efficacement les enfants victimes de violences.

Depuis son ouverture mi-avril 2023, cette unité d’accueil pédiatique enfant en danger a déjà reçu 70 enfants victimes de violences, principalement des violences sexuelles. Dans chaque cas, les suspicions de violences se sont avérées vraies, selon Dr Adèle Schiby, référente de l’UAPED.

Dans le cadre du Plan de lutte contre les violences faites aux enfants 2020-2022, les ARS ont été chargées de structurer une offre et des parcours de soins spécialisés en faveur de l’enfance en danger, notamment en déployant des unités d’accueil et et de soins spécialisées dans chaque département, dites UAPED.

L’UAPED du Doubs, portée par le CHU de Besançon, est composée de pédiatres, dont Dr Adèle Schiby, d’infirmières puéricultrices, d’une assistante médico-administrative et prochainement d'une psychologue et d'une assistante sociale.

Quelles sont les missions de l’UAPED ?

L’UAPED a quatre missions principales :

1. Avis spécialisés : l’UAPED reçoit directement les patients lors d’une consultation spécialisée, et peut également fournir des avis aux professionnels des services de pédiatrie. Les demandes peuvent aussi émaner de professionnels de santé extrahospitaliers (médecin généraliste, pédiatrie, etc.), des personnels de l’éducation nationale, de la petite enfance, de la famille ou de l’entourage de l’enfant selon les situations. Ils contribuent ainsi à identifier les problèmes médicaux et psychologiques liés à la maltraitance ou à d'autres situations de danger.

2. Examens médico-judiciaires : l'UAPED réalise des examens médico-judiciaires sur réquisition (services de gendarmerie, de police, enquête judiciaire, ou à la demande d’un magistrat), pour documenter les preuves médicales des cas de maltraitance infantile ou d'abus. Ces examens, menés en collaboration avec l’unité médico-judiciaire, peuvent être utilisés dans le cadre de poursuites judiciaires.

Salle d'examen de l'UAPED. © Alexane Alfaro

3. Sensibilisation et formation des professionnels de santé : l’unité sensibilise les professionnels de santé aux signes de maltraitance infantile afin de les préparer à une intervention adéquate.

4. Organisation d'actions de prévention : l'UAPED met en place des actions de prévention visant à sensibiliser le public sur la prévention de la maltraitance infantile et la protection des enfants en danger.

Des mineurs de tous âges

Dr Schiby précise que les principales situations rencontrées avec les 70 enfants accueillis depuis avril dernier sont "des agressions sexuelles principalement sur des adolescent(e)s et des enfants victimes de violences physiques intra familiales à des âges variables."

Comment différencier un enfant blessé par accident et un enfant victime de maltraitance ?

"Ça c’est difficile", admet Dr Schiby. "On peut le voir par l’entretien comme c’est arrivé récemment lorsqu’un enfant est arrivé aux urgences", nous raconte-t-elle, "il y avait une suspicion de maltraitante parce qu’il avait des lésions cutanées suspectes, et nous n’avions pas l’impression que c’était forcément lié à une maltraitance, et en fait quelques jours après, en consultation à l’UAPED, l’enfant nous a révélé des choses. Donc c’est surtout lors d’un entretien prolongé que l’enfant, en confiance, va peut-être révéler ce qu’il subit. Après, c’est l’examen clinique du médecin légiste, avec qui on travaille en binôme, qui peut déterminer s’il s’agit ou non de maltraitance."

Infos +

L’UAPED du Doubs est ouverte les lundis, les mardis chaque semaine ainsi que les vendredis des semaines paires de 9h à 17h. Elle sera renforcée par un psychologue très prochainement. L’unité est rattachée aux urgences pédiatriques sous la responsabilité du Pr Gérard Thiriez.

© Alexane Alfaro

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