Nicolas Bodin ne se présentera pas à l’investiture interne du PS

Dans une lettre adressée aux adhérents du Parti socialiste du Doubs, Nicolas Bodin, vice-président de Grand Besançon Métropole, explique ce 2 avril 2025 son choix concernant le vote interne du parti... Rien n'est toutefois acté pour l'élection municipale 2026 à Besançon. 

© Élodie R.

"Vous avez été nombreux à m’interroger ou me solliciter quant à mon absence de candidature pour devenir le 1er des socialistes bisontines lors des futures élections municipales de 2026. Je vous dois, aujourd’hui, quelques explications", entame-t-il dans sa lettre aux militants.

La lettre de Nicolas Bodin

"Vous me connaissez depuis longtemps. Vous m’avez régulièrement accordé votre confiance. Vous m’avez fait l’honneur de me choisir par 3 fois comme secrétaire de section et par 3 fois comme 1er secrétaire fédéral. Vous connaissez aussi mon attachement à notre Parti, auquel je reste, comme vous, lié par notre histoire commune. Depuis 2008, le PS m’a permis d’exercer successivement différents mandats de rapporteur du Budget de la ville, de 2e adjoint à l’urbanisme et au contrat de ville, de 2e vice-président à l’Économie, à l’Insertion et au Numérique.

Si je n’ai pas candidaté, ce n’est pas par manque de courage, c’est tout simplement parce que je n’avais aucune chance d’être élu ! Comme beaucoup d’entre vous, j’ai constaté la progression spectaculaire des adhésions (plusieurs dizaines) à la section
de Besançon. Notre Parti se dit toujours fier de faire désigner tous ses candidats par les militants eux-mêmes. Dans l’absolu, c’est un principe formidable. Dans la réalité, il peut être remis en cause dès lors que notre parti s’affaiblit lourdement en nombre de militants au fil des années mais que le nombre d’adhérents, lui, connaît des
augmentations.

Le débat d’idées, le débat quant à l’engagement lui-même aussi, perdent alors toute signification. Je ne peux que le constater dans le discours qui nous est servi aujourd’hui.

Les alliances ? Pas un mot sur la LFI (La France Insoumise) qui, pourtant, nous stigmatise chaque jour un peu plus violemment. Le slogan : « Garder la Ville à Gauche » se suffit-il à lui-même ? Évidemment non ! Le programme ? Il n’y en a pas, c’est pourtant le cœur même de notre engagement politique. L’intérêt général, a guidé, de manière continue, mes choix politiques. Les sujets ne manquent pourtant pas.

Ainsi de la sécurité ... Est-elle encore un sujet prioritaire pour les socialistes alors que cela en est un pour les bisontins ? Ainsi du logement. Devrons-nous continuer à construire des logements afin que chacun puisse habiter dans notre ville, quels soient ses moyens ? Ainsi de nos aînés. Défendrons-nous, coûte que coûte, nos résidences autonomie afin que nos anciens puissent vieillir dans la dignité et le confort malgré des revenus faibles ?

Ainsi des transports en commun. Leur gratuité est-elle un objectif ou bien vaut-il mieux aménager et développer les grilles horaires de ces transports ? Ainsi de l’économie locale. Faut-il la marginaliser ou l’accompagner vers un développement raisonné, source d’activité et donc d’emploi ?

Ainsi de la culture. Pour toutes et tous ou pour une élite ? Dans notre section, ces questions ont été réduites à une seule : combien d’adhérents pour la contrôler. C’est à la fois frustrant et indigne car ces pratiques nous discréditent et alimentent un sentiment de rejet du politique chez nos concitoyens et renforcent l’attrait des populismes dans l’opinion.

Fort heureusement, celles et ceux qui font encore confiance au Parti Socialiste sont plus nombreux en dehors du Parti qu’en son sein. Et cet électorat nous attend sur des propositions réalistes, des pratiques démocratiques et une volonté sincère de continuer à croire encore en notre Ville et en notre Communauté urbaine ! Il ne suffit pas de courir ensemble pour aller plus loin, encore faut-il que la voie soit clairement tracée ! Je souhaite vous retrouver bientôt sur ce chemin

Respectueusement. Amitiés socialistes".

Nicolas Bodin

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