La manifestation du samedi 17 octobre 2026 à Besançon a donné lieu à une mobilisation d’ampleur contre l’injustice sociale et la crise du pouvoir d’achat, suivie de dégradations dénoncées par plusieurs responsables politiques locaux. Dans leurs communiqués publiés à la suite des événements, des élus de gauche et de droite ont condamné les violences, tout en livrant des analyses différentes de leurs causes et des responsabilités politiques.
"Un gouvernement qui reste sourd"
Anne Vignot et Anthony Poulin, élus au conseil municipal de Besançon pour les Écologistes du Grand Besançon, expliquent avoir souhaité soutenir les participants face à ”un gouvernement qui reste sourd au désarroi de la jeunesse, des salariés et des agents du service public”. Ils dénoncent toutefois les dégradations commises dans plusieurs secteurs de la ville. ”Aucune dégradation ni aucune violence ne saurait être tolérée”, écrivent-ils, estimant que ces actes ”ternissent cette mobilisation, sans en effacer la force ni la légitimité des revendications”.
”Une nouvelle ligne rouge a été franchie”
Dans son communiqué intitulé ”L’ordre républicain doit primer face au chaos”, Cédric Bôle, président de la fédération Les Républicains du Doubs, décrit une situation particulièrement grave. Des commerces ont été pillés, la préfecture du Doubs a fait l’objet d’une tentative d’incendie et les forces de l’ordre ont été prises pour cible.
Cédric Bôle condamne fermement ces événements et considère qu’”une nouvelle ligne rouge a été franchie”. Il attribue une part de responsabilité à l’extrême gauche et à La France insoumise, accusant ce mouvement de contribuer à la montée des tensions. ”Depuis des semaines, La France insoumise contribue à alimenter les tensions et à banaliser la violence”, affirme-t-il.
Cédric Bôle inscrit également ces événements dans un contexte politique national. Selon lui, ”depuis neuf ans, l’autorité de l’État n’a cessé de s’affaiblir”. Il appelle à une réponse ferme des pouvoirs publics et demande que ”les individus responsables de ces violences soient identifiés et poursuivis en justice”.
Séverine Véziès appelle à distinguer contestation et violences
Du côté de La France insoumise, Séverine Véziès, cheffe du groupe LFI au conseil municipal de Besançon, dénonce la situation politique et sociale du pays, tout en appelant à ne pas confondre mobilisation politique et actes de dégradation.
”À Besançon comme ailleurs, la situation est brûlante”, écrit-elle. Elle met directement en cause Emmanuel Macron et ses gouvernements successifs, auxquels elle reproche de ”briser notre pays, mépriser son peuple, éborgner et criminaliser ses opposant • es”.
La responsable insoumise souligne néanmoins que les personnes qui partagent ses convictions ne doivent pas prendre part aux pillages et aux destructions. ”Face à cette situation qui devient chaotique, nous devons rappeler que celles et ceux qui partagent notre combat n'ont rien à faire dans le pillage, le saccage”, affirme-t-elle.
Elle ajoute : ”Quelles que soient les responsabilités du pouvoir et de ses incompétents et leurs violences, nous devons refuser de participer à des actions sans signification politique et contraire à nos méthodes.”
Pour Séverine Véziès, la réponse à la crise doit rester politique. ”L'issue ne peut être que politique”, conclut-elle.
Jacques Grosperrin "profondément attristé et choqué"
Le sénateur Les Républicains du Doubs, Jacques Grosperrin, condamne, dans un communiqué de ce dimanche, les violences et les dégradations survenues à Besançon et ailleurs en France. L’élu se dit "profondément attristé et choqué" par les événements et dénonce des actes de vandalisme, de pillage et d’agression qu’il juge injustifiables.
S’il reconnaît la légitimité du droit de manifester lorsqu’il s’exerce pacifiquement, il estime que ces violences "décrédibilisent les revendications" et appelle au respect de l’État de droit. Jacques Grosperrin apporte également son soutien aux commerçants touchés, aux forces de l’ordre et aux secours mobilisés. Il réclame enfin que les auteurs des dégradations soient identifiés, poursuivis et sanctionnés, affirmant qu’"aucune complaisance n’est possible" de la part des responsables politiques.
Le MoDem du Doubs condamne fermement les débordements et met en cause la responsabilité politique de La France insoumise et de ses alliés. Dans un communiqué, sa présidente, Anne Falga, exprime la ”totale consternation” du mouvement face aux ”graves débordements et aux actes de violence” survenus lors du rassemblement. ”Aucune revendication, aucune colère ne justifie de saccager des commerces, de tenter de mettre le feu à la porte d’une préfecture ou de s’en prendre aux forces de l’ordre”, affirme-t-elle.
Le MoDem apporte son ”soutien total aux commerçants et aux forces de l’ordre” et demande que les auteurs des faits ”soient identifiés et qu’ils en répondent devant la justice”. Mais le communiqué cible également la gauche radicale, accusée d’attiser les tensions et d’”alimenter la défiance”. ”La responsabilité politique ne commence pas au moment de condamner les violences, elle commence au moment de prendre la parole”, estime le mouvement, qui considère qu’après avoir ”discrédité les forces de l’ordre, délégitimé les institutions et attisé les ressentiments”, La France insoumise et ses alliés ”ne peuvent prétendre n’avoir aucune responsabilité dans le climat actuel”.
Dénonçant ”l’hypocrisie de ce double discours”, le MoDem juge que ”condamner les violences ne les exonèrera pas d’avoir contribué à les créer”. Enfin, il appelle les citoyens à ”sanctionner cette complicité morale” et les partis républicains à ”dépasser leurs clivages partisans afin d’éviter une confrontation mortifère entre les deux extrêmes”.


