L'enquête a été ouverte contre X, a précisé à l'AFP le procureur de Dijon, Olivier Caracotch, qui ne souhaite pas faire plus de commentaire sur ce dossier délicat.
Elle fait suite aux accusations portées contre le site "Sanctioned Suicide" ("Suicide autorisé" en français) par la famille de Marie Lévêque, qui s'est donné la mort à 25 ans en octobre, à Dijon. Selon ses proches, la jeune femme était en communication jusqu'aux dernières minutes avant son décès, avec une intervenante sur ce forum interdit dans plusieurs pays, notamment en Allemagne. "Nous avons découvert qu'elle avait participé à un forum de discussion, où elle posait directement des questions sur la meilleure façon de se donner la mort", a expliqué son beau-frère Jonathan Caparos, au quotidien local Le Bien Public qui a révélé l'affaire.
Alertée par la famille qui vit en Saône-et-Loire, une députée LR de ce département, Josiane Corneloup, a saisi la justice et le ministre de l'Intérieur, afin de faire fermer le site.
Un site internet basé aux États-Unis
Interrogé par l'AFP, le cabinet de Bruno Retailleau a indiqué avoir "immédiatement demandé au directeur général de la police nationale un examen très attentif du dossier". "Une action judiciaire est ainsi entreprise via Pharos", la plateforme gouvernementale de signalement de contenus en ligne illicites, qui assiste la police dans l'enquête sur le décès, ajoute le ministère. Pharos s'est de plus "rapprochée du pôle national de lutte contre la haine en ligne du parquet de Paris pour signaler les faits", précise-t-on de même source. Ce pôle est compétent pour les délits de provocation publique à la violence.
Le ministère de l'Intérieur précise que Pharos "ne peut pas bloquer directement le site", à la différence des cas de terrorisme ou de pédopornographie. Seule l'autorité judiciaire le peut.
"Sanctioned Suicide", qui serait basé aux États-Unis selon des médias outre-Atlantique, est régulièrement accusé d'assistance au suicide, ce dont il se défend sur son site. "Nous n'encourageons pas, ne promouvons pas, ne conseillons pas, ne suggérons pas ni n'aidons pas le suicide sous quelle que forme que ce soit. Nous ne faisons que fournir un espace pour en parler", assure le site.
(AFP)